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Les VITRAUX  de Vernon (3)



Mairie de Vernon


Sur le palier de l'escalier, au premier étage, on voit un remarquable vitrail créé par François Decorchemont.

Cet artiste est une figure majeure de l’histoire des arts du feu, connu pour ses pâtes de verre (en fait, des pâtes de cristal) et pour ses vitraux. Il est né  à Conches-en-Ouche en 1880, là où il est mort en 1971.
Il vient d'une famille d'artistes: son grand père était  sculpteur sur bois, réalisant des figures de saints personnages et des meubles d’église. Son père, Louis-Emile,  fut professeur de sculpture à l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris. On peut voir deux de ses oeuvres à Vernon: le monument aux Mobiles de l'Ardèche et une série de douze sulptures (les douze Apôtres)  dans la  Collégiale Notre-Dame.


       
Coupe (1910) - Masque rieuse (1939)
La technique de la pâte de verre s'était développée à la fin du XIXè siècle chez les verriers. Decorchemont, qui se place parmi les grands maîtres de l’objet en verre, aux côtés de Daum et Lalique, la fit évoluer dans les premières années du XXe siècle, inventant une matière nouvelle, la pâte de cristal: le cristal pilé extrêmement fin, contenant jusqu’à plus de trente pour cent d’oxyde de plomb, est mélangé à de la gomme arabique pour servir de liant. Cette matière est moulée et les décors sont modelés en relief sur le moule - souvent à cire perdue. Après séchage, le tout est démoulé puis subit une vitrification au four. A partir de 1925, Décorchemont qui a perfectionné sa technique, crée des pièces  de plus en plus grandes aux parois plus épaisses et transparentes.

En 1929, François Décorchemont est universellement reconnu mais uniquement pour ses objets en pâte de verre: la revue l’Art vivant lui consacre un article et écrit : « Il n’existe rien de comparable ni dans la céramique ni bien entendu dans la verrerie. Jeune encore, il songe à l’avenir et nous prépare de nouveaux émerveillements ».

 Riche de son expérience dans l’utilisation de la pâte de verre, toujours fasciné par sa transparence et sa luminosité, il repense la substance du verre et il se décide en 1930, à appliquer cette technique au vitrail pour lequel  il élabore de nouvelles structures portantes qui feront de ses vitraux une œuvre remarquable dans laquelle la lumière  joue sur les creux et les pleins du cristal, qui soulignent le dessin, comme à travers les facettes d’une pierre précieuse.

Il a été le seul à  appliquer cette technique au vitrail :  le cristal blanc  est fondu au four et coloré dans la masse par des oxydes métalliques. Une fois refroidi, il est broyé et réduit en poudre pour fournir les « pigments » de base;  la pièce voulue  est finalement obtenue à partir d'un moule en terre réfractaire ou en cire,  garni de cette poudre de la teinte désirée; le moule est placé dans le four; le cristal se trouve alors  sculpté en creux puis il est  lentement refroidi pour lui donner des reflets jaspés. Les pièces de cristal sont ensuite  disposées selon le modèle dans un coffrage  de bois qui  sert à couler le béton qui constitue l'armature de la verrière : l’assemblage se fait au ciment, sans apports externes.

Contrairement aux verriers médiévaux, qui dessinaient certains détails, les visages, par exemple,  Decorchemont ne dessine rien mais parvient au même résultat lors de la fabrication du moule : il prévoit les marques futures sous la forme de reliefs en creux. Plus tard, ceux-ci  seront comblés  par une fine couche de ciment, ce qui opacifie la pièce de cristal à cet endroit..

Cette technique permet à Décorchemont d'obtenir des effets inédits dans ses morceaux de cristal, dont les couleurs peuvent être mouchetées, marbrées, hachurées et striées au gré de son inspiration, en mêlant plusieurs tons dans les creusets ou en préparant les moules. Voyez, par exemple, dans le vitrail de Vernon, le tronc des arbres, le feuillage  ou les rayures bleues et blanches du vêtement du serviteur agenouillé ou encore le pourpoint lie de vin  du  roi ou encore son mantreau bleu.





Saint Louis goûtant le cresson à la fontaine de Tilly, verrière de François Décorchemont, 1964 (Clic pour agrandir)


Le thème du vitrail vernonnais:   Les armes de la ville comportent trois bouquets de cresson. Disons immédiatement que l'on ignore totalement l'origine de ces armes et la  raison pour laquelle le cresson y figure. Une légende, parmi d'autres, dit que Louis IX (Saint Louis) lors d'un des  nombreux séjours qu'il a fait à Vernon est venu un jour d'été. La chevauchée fut longue, il faisait particulièrement chaud ce jour-là  et quand on servit  au roi une salade de de cresson, il l'aurait trouvée tellement rafraîchissante qu'il aurait autorisé la ville à mettre le cresson dans ses armes.... C'est cette légende qu'illustre le vitrail.: les trois bottes de cresson sont là, l'une dans les mains du roi, l'autre dans celles du personnage à la cape, la troisième en train d'être cueillie par l'homme en bleu.


Le  langage formel et iconographique de Decorchemont  est très classique. Cela se voir particulièrement dans ses compositions religieuses, conformes d'ailleurs  à ses  propres convictions. De plus, il simplifie à l’extrême traits et réseaux pour laisser éclater une étonnante palette de couleurs. Mais en même temps, derrière une apparente simplicité se cache un riche symbolisme  issu de la connaissance des textes sacrés. On retrouve aussi ce même symbolisme dans son oeuvre profane.  Voyez comment, dans la verrière de Vernon,  les modestes fleurs qui parsèment la berge de la rivière, des  iris jaunes, semblent se prolonger en fleurs de lys du manteau royal. C'est que, selon certains, les fleurs de lys royales seraient en fait des iris jaunes, ceux-la qui poussaient sur les rives de la Lys et qui figuraient sur le blason du seigneur d'Armentières et que le roi de France reprit à son propre compte quand il annexa ce territoire.(Voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/Fleur_de_lys)



D'autres oeuvres de Decorchemont sont visibles près de Vernon, à savoir dans l'église saint Aubin de Pacy-sur-Eure :  le devant d'autel (3), le grand vitrail est  (1) et un vitrail dans la chapelle de la Vierge (2).

(1)
(2)
(3)
(Clic pour agrandir)

(
Voici, aussi deux autres vitraux peu connus (Clic pour agrandir les photos) - car situés dans la chapelle d'un château privé, le Manoir du Mont des Vignes, près de Crévecoeur-en-Auge (Calvados).







Conditions de visite

La Collégiale Notre-Dame est ouverte en permanence de 8h à 20h. Cette église est  utilisée pour le culte et il est donc demandé de s'abstenir d'y pénétrer pour des visites pendant  les services religieux.

La mairie de Vernon est ouverte du lundi au vendredi de 8h45 à 12h et de 13h30 à 17h30, le samedi : de 8h45 à 12h et parfois l'après-midi pour des mariages. L'accès au vitrail de Decorchemont, situé au premier étage, est totalement libre pendant  ces heures.

La chapelle des Soeurs de Jésus au Temple, située dans l'enceinte conventuelle (place de la République), est libre d'accès. Toutefois, pour des raisons de sécurité, les soeurs en maintiennent la porte fermée, qu'elles ouvrent immédiatement à toute personne  qui souhaite visiter la chapelle.  Il suffit de se présenter à l'entrée du couvent et de faire la demande.


   Page 1 - Les vitraux de la Collégiale Notre-Dame
  Page 2  - Les vitraux de  la chapelle des Soeurs de Jésus au Temple