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Août 1944 - Opération Neptune
Page 2 - Les combats



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25 août : Premiers assauts

Plusieurs attaques furent lancées à partir de 19h sous le couvert d'un brouillard artificiel mais avec des pertes élevées et sans résultats : à droite du pont routier, les assaillants, dans les bateaux ou traversant sur le pont en ruine, furent presque tous anéantis.
Témoignage de Peter Mann, fantassin au Worcestershire Regiment :
"Les hommes du 5ème Wiltshire ont attaqué le soir dans leurs bateaux, 15 hommes par embarcation et la plupart d'entre eux n'ont pas survécu à cette tentative. L'utilisation des Ducks (véhicules amphibies) a aussi posé problème car ils n'ont jamais pu sortir de la boue sur la rive. Les occupants ont été balayés par les tirs de mitrailleuses venant de la rive opposée. "

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Une section du 4ème Wiltshire transportant les bateaux d'assaut (25 août, 17h30) [photo 7]. Ces hommes que l'ont voit rire, puis embarquer à 19h [photo 8] et quitter la rive [photo 9], vont à la mort : parmi cette section, un seul homme survivra à ce premier assaut. A l'arrière plan de la photo 9, on devine les collines de Vernonnet à travers le brouillard artificiel censé dissimuler les hommes aux vues de l'ennemi..

Une autre attaque, plus tard, pendant la nuit fut couronnée d'un succès relatif et une compagnie parvint à traverser et à établir une première tête de pont fragile dans la partie est de Vernonnet. Dans le même temps, plus en aval, d'autres troupes, après avoir été bloquées plusieurs heures dans une île, avaient finalement atteint les premières maisons de Vernonnet du côté ouest.

Le sapeur Dillon de la 553ème compagnie, du corps du Génie se souvient : " J'étais dans les premiers à traverser la Seine. Nous avons garé nos camions à environ 3 kilomètres du fleuve et nous avons fait le reste à pied. Puis nous avons déchargé les embarcations d'assaut, c.a.d. les bateaux pour traverser. Chacun contient douze hommes mais on était plus nombreux que ça. Je peux ajouter que ça se passait de nuit et que l'infanterie nous a couvert de ses feux pendant que nous déchargions, et, croyez-moi, nous avons travaillé super vite et dur. Nous avons aligné les bateaux prêts à partir avec les moteurs en marche, puis ça a été la course folle vers l'autre rive. "

Sachant maintenant que les combats seraient d'une extrême dureté, Peter Mann, dont le bataillon devait attaquer le lendemain matin, se souvient avoir passé une nuit d'angoisse : "J'ai passé la nuit sous le porche de l'église de Vernon, près du fleuve. Je n'ai pas dormi et les idées tournaient dans ma tête: Pourrions-nous traverser ? Est-ce je survivrais ? Comment j'allais faire ? Mon seul réconfort était de savoir que je n'étais pas le seul à avoir ces pensées."


[10] Carte de Vernon (centre) et du faubourg de Vernonnet sur la rive nord / nord-es

 

26 août: de durs combats

Lorsqu'une nouvelle aube s'est levée le 26 août, une patrouille a avancé avec précaution le long du pont endommagé.Cette fois, tout était calme. Les tobrouks et autres emplacements d'armes automatiques étaient vides, et à leur grande stupéfaction, les hommes découvrirent que les Allemands avaient disparu. Bientôt des renforts purent traverser et commencer à nettoyer les zones en hauteur. On fit passer quelques blindés sur des portières au cas où les chars allemands se manifesteraient.
Douglas Burdon, du groupe d'avant-garde de reconnaissance du 179ème Régiment d'Artillerie Royale de campagne se souvient:
"Nous sommes partis pour traverser le pont, un homme de chaque côté, pour présenter deux cibles au lieu d'une. On ne s'est pas précipité de l'autre côté aussi vite que possible parce que le bruit de nos chaussures sur le métal aurait porté dans l'air calme du matin et aurait prévenu l'ennemi de notre présence. Au contraire, nous avons marché à vitesse normale, en faisant le moins de bruit possible. "


[11]
Traversée du pont routier pendant la journée du 26 (Clic pour agrandir)



Quelques minutes plus tard, Douglas Burdon et ses compagnons étaient dans Vernonnet.
"Devant les premières maisons de Vernonnet, essayant de regarder dans toutes les directions en même temps, nous ne pouvions nous empêcher de nous sentir heureux et honorés d'avoir été choisis pour être les premiers à traverser le pont et à commencer la tête de pont. Mais ce n'était pas le moment de s'envoyer des fleurs. Quelqu'un ouvrait doucement la porte d'une des maisons. Nous nous sommes mis en position de chaque côté, les armes pointées sur cette porte. Lentement elle s'est ouverte, comme si la personne qui ouvrait avait peur de quelqu'un ou de quelque chose dehors. Puis elle était grande ouverte. Un homme était debout avec une grande barbe grise qui lui tombait jusque sur la poitrine. Il devait avoir quatre-vingt dix ans. Il nous a fait signe de venir et nous nous sommes approchés lentement ne sachant pas si quelqu'un d'autre ne se cachait pas derrière lui. Le vieil homme parlait lentement comme s'il avait peur que d'autres l'entendent. Le capitaine Woodward lui a répondu […] Le vieil homme avait dit qu'il y avait encore quelques Allemands dans les parages mais que la majorité d'entre eux s'était repliée. Ça, c'était de bonnes nouvelles. "

Mais si la traversée du fleuve avait été plus simple et moins meurtrière que prévu, agrandir la tête de pont coûta cher en vies humaines.
Dès que les sapeurs se mirent à assembler les trois ponts flottants, ils souffrirent des pertes importantes car ils étaient sous un feu constant qui venait des grottes dans les collines que les allemands n'avaient pas abandonnées et qui devaient être réduites une à une.
Le sapeur Dillon, qui travaillait à la construction du pont 'David' se souvient de ce jour : "Tout s'est bien passé jusqu'au lever du jour et c'est alors que le feu a commencé. Le fleuve fait deux cents mètres de large. Nous avions construit à peu près la moitié du pont et assez de radeaux pour le terminer mais à cette heure les tireurs embusqués étaient réveillés. Chaque fois qu'on mettait un radeau à l'eau, ils s'en donnaient à cœur joie. "

Toutefois, les premiers véhicules légers purent traverser à partir de 17h30

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Un des premiers véhicules à emprunter le pont léger DAVID (Clic pour agrandir)

Le plan allemand était clair maintenant : ils avaient maintenu un rideau de troupes le long de la Seine mais le gros des troupes était derrière prêt à contre-attaquer sous le couvert de la forêt et avec l'aide de blindés.

A l'est et à l'ouest, les choses se déroulèrent relativement bien: du côté droit (est) les hommes approchaient du centre de la forêt de Vernon, et de Pressagny l'Orgueilleux sur le front ouest (à gauche).
Mais au centre, la route de Gisors passe dans une sorte de vallée aux flancs escarpés et boisés et les allemands avaient placé leur infanterie sur ces hauteurs. Il y eut une longue bataille avec de lourdes pertes et c'est une unité fatiguée et amoindrie qui s'installa pour la nuit sans avoir encore pu percer.

Douglas Burdon : " Nous avons bien avancé le long de la route [vers Gisors] bien que nous soyons pris sous le feu violent de mitrailleuses et nous avons atteint un endroit où il y avait une pente raide en descente à [Note: à l'embranchement de la route vers Panilleuse] et alors les tirs sont devenus encore plus méchants et nous avons dû nous aplatir sur le sol immédiatement. […] Un tir nourri continuait et on entendait un peu plus loin ce cri sinistre "Brancardiers" quand des hommes étaient touchés. J'étais allongé et j'écoutais les balles siffler et je voyais l'herbe bouger de l'autre côté de la route quand ces balles frôlaient le sol. Les tirs s'arrêtaient et recommençaient. Instinctivement, je me suis mis à compter le temps entre les tirs : le rythme était régulier, une rafale de cinq secondes et dix secondes d'arrêt. Pendant chaque arrêt nous avancions en rampant de quelques mètres et nous nous aplatissions sur le sol lorsque les Spandaus ouvraient à nouveau le feu. "

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