Vernon Giverny website in English

Please click on the flag
La collégiale de Vernon
Un dossier complet consacré à ce monument remarquable
Cliquer sur la photo pour y accéder

Documents à télécharger
Cliquer sur l'icône pour y accéder
Les maisons à pans de bois
Un dossier complet consacré au riche patrimoine de notre ville
Cliquer sur la photo pour y accéder
 
Vernon Giverny Website auf deutsch
Bitte, auf die Fahne clicken
 

Passer la souris sur les photos et les icônes pour obtenir des informations complémentaires
Le vieux moulin de Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
La fondation Monet à Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
La tour des archives à Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Des visites, oui, mais il y a bien autre chose a faire à Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Balades et randonnées autour de Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Les musées de Vernon et Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Une balade dans les rues de Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Le bassin des nymphéas à Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Le château des Toutelles à Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir


Août 1944 - Opération Neptune :
Les alliés traversent la Seine

 

"Vernon, France : " La traversée en force de la Seine à Vernon par la 43ème division (Wessex) en Août 1944 est encore de nos jours l'un des moments les plus importants de toute la Deuxième guerre mondiale. L'Opération Neptune a opposé une division anglaise à une division allemande. D'un côté, une unité solidement équipée et endurcie par les combats, une unité formée de soldats venant de l'ancien royaume du Wessex (Note : le sud ouest de l'Angleterre), appuyée par la meilleure artillerie du monde et soutenue par des chars. De l'autre côté, une division statique de seconde zone, aux maigres effectifs, composée d'hommes de diverses nationalités qui avaient été enrôlés pour une guerre que l'Allemagne avait déjà perdue. Sur le papier, les forces britanniques étaient assurées du succès, mais entre ces deux armées il y avait un fleuve, la Seine que dominaient, à l'endroit choisi pour la traverser, des collines escarpées et truffées de points d'appui pour la défense. Les Allemands attendaient, ils étaient aussi préparés que jamais. " (1)

Ces quelques lignes constituent l'introduction à un jeu vidéo nommé " Opération Neptune ", dont le scénario est fondé sur la véritable Opération Neptune. Mais pour les hommes engagés dans l'action et surtout pour les centaines de victimes d'un côté et les milliers de l'autre, ce n'était hélas pas un jeu.

 

L'arrière-plan historique

Après le 6 juin 1944, l'intense résistance des Allemands et la nature même du terrain ont retardé l'avance des Alliés à l'intérieur de la France jusqu'au 8 août, date à laquelle la 1ère armée canadienne a lancé l'opération Totalize, qui a amené la prise de Falaise le 17 et la chute de la Poche du même nom, avec d'énormes pertes en hommes et en matériel pour les armées allemandes.

Pour continuer le combat, les Etats-Majors américain et britannique avaient décidé de se partager le travail : les Américains devaient avancer en France en direction de l'est et du nord-est vers le sud et le centre de l'Allemagne, alors que les Britanniques devaient monter vers le nord de la France, la Belgique, la Hollande et l'Allemagne du nord. Ceci impliquait de traverser la Seine, dont tous les ponts avaient été détruits, alors même que l'ennemi reconstituait en hâte une ligne de défense sur le fleuve.


Situation prévue pour le 25 août environ

 

La destruction des ponts

Bien avant le Jour-J, on avait adopté une stratégie concernant les bombardements: il avait été décidé de bombarder les installations pétrolières allemandes en pensant qu'une pénurie d'essence était le meilleur moyen de réduire la capacité de combat des forces allemandes aériennes et terrestres. On avait aussi décidé de concentrer les attaques sur les gares de triage, sachant que cela pourrait seulement entraver mais pas empêcher l'arrivée de matériels et de renforts.

Une autre solution aurait été d'isoler le champ de bataille normand en détruisant les ponts sur la Loire et sur la Seine. Les Etats-Majors de l'aviation américaine ainsi que ceux des forces au sol des généraux Bradley et Montgomery soutenaient cette idée. Cependant il y avait une difficulté d'ordre technique : combien de tonnes de bombes faudrait-il pour qu'un pont soit rendu impraticable ? 1.200 tonnes par pont, c.à.d. de 600 à 1.200 sorties, disaient certains. D'autres pensaient qu'il en faudrait trois fois moins. Mais personne n'en savait rien puisque de telles opérations n'avaient encore jamais été lancées.

Après de longues discussions au plus haut niveau (auxquelles même le Premier Ministre Winston Churchill participa), il fut décidé de faire un essai le 7 mai 1944, sur six ponts sur la Seine avec seulement 50 chasseurs-bombardiers P-47 équipés chacun de deux bombes de 500 kilos. Rien de ce qui avait déjà été entrepris auparavant ne permettait de savoir si on pourrait endommager au moins un seul pont.

 

Thunderbolt P-47

Alors, fut-ce la chance ou le résultat du long entraînement des pilotes? Trois ponts furent touchés et celui de Vernon (le pont de chemin de fer) fut envoyé à l'eau par 6 P-47 avec une précision qu'on n'a pas retrouvée jusqu'à la guerre du Golfe.

Le pont de chemin de fer après l'attaque
Photo :Imperial War Museum, Londres (BU224 à BU551).
Note: la reproduction des documents de l'IWM est interdite sans l'autorisation du musée

Les photos prises après l'attaque montrant le pont sous l'eau furent sur le bureau de tous les généraux le lendemain matin, et il fut décidé d' 'encager' la Normandie en détruisant tous les ponts sur la Loire et la Seine.

Ainsi, bien avant le Jour-J tous les ponts étaient impraticables et les Allemands durent passer sur des barques et des pontons. Les mouvements de troupes furent si ralentis et si gênés que les renforts n'arrivèrent sur le front normand qu'au coup par coup et souvent trop tard.

Le contexte géographique

Le Général Horrocks, qui commandait le 3ème corps britannique décida de passer la Seine à Vernon. C'est certainement la présence d'une grande route filant vers Beauvais et le nord de la France qui a dicté ce choix.
A cet endroit, le fleuve mesure environ 200 m de large De l'autre côté du fleuve, sur la rive droite (rive nord ou nord-est) s'étend le quartier de Vernonnet et juste derrière une falaise de craie abrupte de 100 mètres de haut.

De Vernonnet, une route court parallèlement au fleuve (à l'est vers Giverny et à l'ouest vers Pressagny l'Orgueilleux et Les Andelys) et deux autres routes passent à travers les collines : au nord-ouest, la route principale vers Tilly et Gisors et une autre, plus petite, au nord-est vers Gasny et Bois Jérôme. De plus, derrière la falaise, on trouve une forêt épaisse qui pouvait offrir un couvert bien utile pour les renforts allemands venant du nord.

Dans le fleuve, une série d'îles, de bancs de sable et de hauts-fonds cachant des îles à demi submergées - certaines même inconnues des services de renseignements - autant d'éléments susceptibles de causer des difficultés aux assaillants De plus, la rive gauche (côté Vernon) était trop raide pour qu'on puisse mettre des bateaux à l'eau sans disposer de rampes - à construire sous le feu ennemi !

Enfin, les reconnaissances aériennes avaient montré que les deux ponts étaient détruits (le pont de chemin de fer à l'ouest du centre ville et le pont routier en plein centre) Toutefois, les Allemands avaient procédé à quelques réparations sommaires sur ce dernier, si bien que l'infanterie pouvait le franchir, mais sur une seule file, tout en étant directement exposée à l'ennemi.

Les collines de Vernonnet (rive droite) vues du centre de Vernon : des falaises presque abruptes avec la Seine au pied (non visible sur la photo)

Vue depuis le haut des collines de Vernonnet en direction du centre ville. C'est à cet endroit (partie centrale et gauche de la photo) que les ponts flottants devaient être construits, et on se rend compte à quel point ils étaient exposés au feu ennemi.

 

Les forces en présence

Un Kampfgruppe d'environ 250 hommes du 148ème régiment de Grenadiers était déployé dans Vernonnet et tout autour sur la rive droite (nord) du fleuve et un autre groupe, avec aussi 250 hommes, se trouvait à Giverny à 4 km de là. Ils étaient dotés uniquement d'armement léger, de canons de Flak de 20mm, de quelques mortiers et de pièces de 88, mais pas de chars - du moins au début ! En somme, une force statique qui, de toute évidence, ne pèserait pas lourd devant les britanniques. Toutefois, les falaises, percées de nombreuses grottes et de cavités et la forêt, à l'arrière, fourniraient d'excellents postes d'observation et de combat aux défenseurs.
C'est d'ailleurs ce que confirment les témoignages des soldats britanniques, tel Bernard Craycroft (du régiment de Sherwood Rangers Yeomanry) : La rive est (Note, c'est plutôt une rive nord ou nord-est que est) consistait en une falaise presque verticale truffée de postes ennemis de mitrailleuses. "

Toutefois, ces troupes allemandes étaient les premiers éléments d'une division entière, la 49ème Infanterie Division du Général Macholz, comprenant aussi de l'artillerie et des blindés, qui descendait plus ou moins rapidement vers la Seine, en provenance de Boulogne-sur-Mer, en fonction des moyens de transport qu'elle pouvait trouver.

Forcer le passage le plus rapidement possible avant que l'ennemi ne puisse organiser et renforcer sa ligne de défense, cette tâche avait été attribuée aux 4ème et 5ème régiments du Wiltshire, au 5ème de Cornouailles, au 1er du Worcestershire et au 4ème du Somerset de la 43ème division (Division Wessex) qui s'était préparée en Angleterre à ce type d'opération pendant deux ans. On leur avait adjoint des blindés du 15 / 19ème Hussard et du Sherwood Rangers Yeomanry comme appui feu ainsi que le 179ème Régiment d'artillerie déployé sur la rive gauche de la Seine entre Blaru et La Heunière. Au total 25.000 hommes.

L'assaut serait mené depuis la rive gauche du fleuve, du côté où se trouve la plus grande partie de Vernon, ville aux mains de la Résistance française depuis une semaine.

Les ordres étaient " de passer la Seine de force le 25 Août ou autour de cette date ; de couvrir la construction d'un pont classe 9, d'un classe 40 et d'un classe 70; de former une tête de pont suffisamment profonde pour permettre le passage du reste du 30ème Corps. "

L'attaque devait se faire dans deux zones : entre les deux ponts détruits et à droite du pont routier (en plein centre ville) avec des embarcations d'assaut et des DUKWS. (Le DUKW, familièrement nommé Duck [le canard] est un véhicule amphibie à 6 roues motrices qui transporte hommes et matériel sur terre et sur eau et qui sert dans les attaques amphibies.)

La mise sur pied d'une telle opération nécessite, en théorie, plus de quinze jours et l'exploit a été de la concevoir, l'exécuter et la réussir en en six jours ( dont trois jours de préparation et de déplacements).De plus, "cette opération a eu la particularité d'engager le Royal Engineers (Génie) dans des proportions hors du commun : si le franchissement de la Seine à Vernon est resté dans les annales de l'histoire militaire c'est en tant que modèle du genre, d'un travail de construction de ponts flottants en première ligne , sous le feu de l'ennemi et sur une grande échelle ".[3]

Préparatifs
Le 23 Août, on ordonna aux troupes de quitter la poche de Falaise et de faire mouvement sur Vernon, aussi vite que possible. Il n'était plus question de rouler lentement et précautionneusement : les ordres étaient de 'mettre le pied au plancher' : il fallait arriver sur la Seine avant que l'ennemi ne puisse y organiser sa défense. Il y eut des retards, en particulier parce que, pour gagner Vernon, les Anglais devaient couper les lignes de communications des américains, ce qui provoqua des embouteillages, mais ils parvinrent à leur but le 25 vers midi.

Dans l'après-midi, Mademoiselle Pierrette Greffier, institutrice mais surtout membre de la résistance locale fut convoquée par un officier britannique : elle passa plus d'une heure avec lui dans une pièce située au-dessus d'un café qui ouvrait sur la Seine et les collines de Vernonnet, pour lui donner toutes les informations qu'elle possédait sur les forces allemandes. Elle se doutait qu'il avait un grade élevé car tous, y compris les colonels, lui montraient du respect. A sa grande surprise, elle se rendit compte deux ou trois jours plus tard que cet homme était le général Montgomery - commandant en chef des forces britanniques - qui était venu personnellement pour diriger les opérations, ce qui montre l'importance qu'elles avaient. Plus tard, notre jeune femme d'alors a pu raconter avec humour qu'elle avait passé une heure seule dans une chambre d'hôtel avec Montgomery !

Pendant ce temps, on s'affairait dans Vernon, les troupes préparaient leurs embarcations d'assaut tandis que des civils français gesticulaient en donnant des informations et des conseils.

(1) Plusieurs Wargames utilisant comme scénario la traversée de la Seine à Vernon ont été publiés, parmi lesquels:
" Operation Neptune - the Battle to Cross the Seine " Platoon Leader campaign module (1999).


  Page 2 : Combats
  Page 3 : La victoire