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Le Château des Tourelles,
le Vieux Moulin et le pont médiéval


Ce site bien connu, situé dans un environnment boisé,  est la "carte postale" de Vernon, pittoresque avec son vieux donjon médiéval, les ruines d'un pont et un ancien moulin  perché sur ses piles.

  La rive droite: les marécages de Vernonnet

Le lieu dans lequel ces  constructions sont implantées a longtemps été  loin de ressembler à ce qu’on voit aujourd’hui. Pendant des siècles les berges de la Seine ont été un vaste marécage de Giverny  (en amont)   à Ma Campagne   et au delà (en aval). Jusqu’au XVIIIè siècle, le  lit  du fleuve était bien moins profond mais beaucoup plus large que de nos jours,  s’étendant  sur l’emplacement de l’actuelle route de Giverny. (Le chemin vers Giverny passait un ou deux mètres plus haut, sur l’actuelle Voie Touflet.)
Ici même,  le château des Tourelles était au milieu de l’eau, la berge commençait là où est la route principale à 50 / 80 mètres de là. A l’arrière de celle-ci, vers  le centre de Vernonnet,  s’étendaient  des  marécages qui allaient  jusqu’aux premières pentes de la colline (c-à-d jusqu’à l’actuelle rue du Docteur  Chanoine).  Tous ces terrains furent remblayés  peu à peu jusqu'au  XVIIIè siècle, mais restèrent humides et marécageux. En  1885, il y avait encore des fossés drainage le long de  la route principale On remarque aussi que le petit centre commercial situé tout près et son parking  sont en contrebas,  presque  à l’ancien niveau des terrains. Lors de construction du pont Napoléon en 1860 (remplacé par le  pont actuel en 1955) il a fallu construire une longue rampe d’accès  partant  près de l'église de Vernonnet pour traverser ces zones  basses et encore à demi marécageuses et  accéder au pont.   




Le pont et (à gauche) le château des Tourelles au XVIè siècle
Remarquez  combien le lit de la Seine est encombré d'iles. 


Atlas de Trudaine (1759)
 La plus grande partie de la zone en vert vient d'être conquise sur le fleuve et les marécages 





La présence d’un pont fut  en matière de développent économique  un atout pour Vernonnet. Le village, dont le nom d’origine était Vernoinel était un  bourg indépendant de Vernon, la ville  dépendant de l’évêché d’Evreux et Vernonnet de celui de Beauvais.  C’est seulement sous l’Empire  que le village fut rattaché à Vernon .
Vernon, ville royale et plutôt bourgeoise à toujours tourné le dos au fleuve, derrière sa muraille fluviale alors que Vernonnet, petite bourgade industrielle, a toujours regardé vers la Seine. La rive droite s’étend vers le Vexin et a eu de nombreuses activités agro-alimentaires (dont des vignobles) , des carrières et des usines de chaux et c’est par Vernonnet que les productions locales étaient expédiées par bateau.  Le bourg  montrait une certaine richesse : par exemple au XVIIIè siècle, le revenu fiscal par habitant étaient en moyenne deux fois plus élevé que celui  de Vernon.

Lé déclin de Vernonnet commence dès le rattachement à Vernon  puis est amplifié par l’arrivée du train en 1847: d’un point de vue économique, la priorité n’est plus  alors au fleuve, mais à la voie ferrée. Faubourg  en plein déclin dès lors, les berges n’ont pas été urbanisées comme sur l’autre rive,  ce qui nous laisse aujourd’hui  un joli site boisé autour du vieux donjon médiéval.


Vernonnet vers 1900. Le pont est celui construit en 1850 et les maisons qu'on voit à sa droite sont installées sur sa rampe d'accès. Plus  loin derrière, le château des Tourelles, isolé au milieu des arbres.





Le pont fortifié

Il existait peut-être un  premier pont,  tout en bois, dès 1150 et peut-être aussi une première fortification destinée à le protéger sur cette rive. Certains archéologues émettent l’hypothèse que le corps central du château des Tourelles pourrait dater de l’époque d’Henry II d’Angleterre, c-à-d de 1150 environ. Les quatre tourelles d’angle auraient été  ajoutées par Philippe Auguste, cinquante ans plus tard. Une chose est sûre, c‘est Philippe Auguste qui transforme radicalement le site : après avoir conquis Vernon en 1194, il crée dans  cette ville un ensemble fortifié destiné à être la tête de pont d’où partiront les attaques contre la Normandie: les remparts de Vernon sont  relevés et complétés,  un château  est construit (c'est l’actuel Jardin des arts et la Tour des Archives), un pont  de pierre enjambe le fleuve,  et de ce côté de la Seine,  diverses tours, portes et murailles ferment l’entrée du pont. S’il existait déjà une petite fortification ici - ce qui n’est pas certain -   elle est totalement reprise, transformée et agrandie par Philippe Auguste.   Partant du village de Vernonnet, On trouvait:
une chaussé maçonnée qui servait de rampe d’accès au pont. Elle s'élevait au dessus des marécages. C’est l’actuelle rue de la Chaussée  qui fut longtemps  très commerçante  puisque tous ceux qui empruntaient le pont y  sont passés jusqu’en 1861;
  un pont en bois de quelques mètres de long, approximativement  proche de l’actuelle route principale, reliait cette rampe au pont de pierre. Des dessins montrent que ce pont en bois existait encore en 1610. Les premières piles du pont de pierre sont maintenant enterrée à l'aplomb du muret qui porte une grille. Entre le début du pont et l’ile du Talus, on comptait dix arches;
une porte fortifiée  verrouillait l’entrée du pont à hauteur  des tours nord des Tourelles;
 une tour ( dont on ignore l’aspect exact)  à cheval sur le pont (à peu près là  où est la grille qui barre l’accès au vieux moulin)  dite tour du Pont--levis,    car le pont-levis du château arrivait au pied de la tour;
sur l’ile du Talus une tour de vingt mètres de haut avec une porte à sa base barrait encore le pont; 
vingt-cinq arches plus loin on arrivait sur les remparts de Vernon pourvus d’une porte ouvrant sur le pont.

 L’ensemble du château, tours, etc était bâti dans la lit de la Seine, et non pas dans des douves maçonnées. Au début du XVIIIè siècle,  les deux tours et la porte n’existaient plus.   Vers  1750 la berge était remblayée au niveau actuel.



La tour sur l'Ile du Talus
(dessin moderne éxécuté à partir de documents anciens)




Le château des Tourelles

Il ne reste que le donjon, mais  il était entouré d’une muraille,  Construit sur une motte artificielle au milieu de l’eau  - à une cinquantaine de mètres de la rive,  ce  donjon dominait la Seine d’une hauteur de 25 m environ.
En effet, il mesure non pas 20 m de haut comme  on le croit, mais 24 à 25 m, la partie basse étant enterrée par les remblais des XVIIè et XVIIIè siècles, épais de  4 ou 5 mètres. On voit  d’ailleurs que les archères sont à ras du sol actuel alors qu’elle sont toujours placées en hauteur.
Ce n’est qu’au XVIIIè siècle que furent construites les toitures coniques  en remplacement des anciens parapets crénelés encore visibles sur une gravure de 1638.
Le mur d’enceinte était percé d’une porte côte pont pour accéder au château. Un pont-levis descendait vers le tablier  du pont, au niveau de la tour du Pont-levis ( voir  ci-dessus) . L’accès au donjon se faisait par l’arrière  (côté sud-est) au premier étage - qui de nos jours  est à peine au dessus du sol moderne.  Les murs mesurent  1,80m d’épaisseur côté terre, et seulement 1,10m du côté fleuve, qui était moins exposé aux attaques.


Gravure de Pérelle (1638-  Saint Adjutor, dans  un décor qui montre  notre ville à cette époque


On  voit nettement à droite  le château des Tourelles (encore sans toitures), une tour - celle du Pont-levis - puis une autre tour sur l'ile au milieu  du fleuve. Remarquez aussi  des moulins installés sur les piles du  pont

Le château a eu une fonction militaire pendant environ 450 ans. Vers la fin XVè siècle, on avait  même construit une petite plateforme pour de l’artillerie en avant du châtelet.
On aurait pu penser que le château médiéval n’avait plus d'utilisation militaire  au début du XVIIè siècle mais tel n’était pas le cas:  pendant longtemps les Pays Bas espagnols  ont fait courir le risque d’une invasion du nord de la France, comme ce fut le cas après la prise de Corbie en1636 qui  représentait  une menace avérée pour Paris.  Pour se protéger, les français avaient créé deux lignes de défense, constituées de points d’appuis tels que des villes fortifiées, des  châteaux ou même de petits ouvrages  fortifiés.  Le château des Tourelles  tenait une modeste place  dans la deuxième ligne de défense.  La paix revenue et le danger d’invasion espagnole écarté,  les petites places telles les Tourelles furent enfin  désarmées à partir de 1640 - 45.

A partir de 1640, l’étau espagnol se desserre peu à peu, par exemple  après le victoire de Rocroi en 1643. Le traité des Pyrénées (1659) formalise la paix entre les deux royaumes.
 
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