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L'Hôtel de Ville de Vernon




Le bâtiment actuel date de la fin du XIXè siècle - époque à laquelle furent bâtis de nombreux hôtels de ville  un peu partout en France, et a été miraculeusement épargné par les bombardements de 1940.

C’est sous l’impulsion de Monsieur Barette , le maire de l’époque,  que fut entreprise la construction qu’il voulait être « une oeuvre d’architecture, un monument»,comme il le déclaral. Elle devait abriter de nombreux services, qu’on ne penserait pas y voir  aujourd’hui : en plus des  bureaux du maire et et de son secrétariat, on trouvait une salle des fêtes, le tribunal de Justice de Paix et son  secrétariat,  une salle servant de  musée,  mais encore la Caisse d’Epargne, le Commissariat de police, et même « le violon de passage pour hommes et femmes»...

La pose de première pierre eut lieu en mai 1894 et  allait donner lieu à une controverse car  on n’allait pas utiliser la pierre locale de Vernon mais celle de Saint Maximin( extraite près de Chantilly).  Plusieurs explications furent données, production insuffisante et prix trop élevé des carrières locales, mais il en est une autre beaucoup moins technique mais peut-être tout aussi importante bien que  pas révélée officiellement : il convenait de ne pas faire travailler les patrons des carrières et les carriers locaux qui  étaient jugés bien trop cléricaux et "calotins" par un maire très anti-clérical et  sectaire qui avait déclaré : « il faut que la maison du peuple soit plus belle que celle des curés en face.» Au contraire des ces "bigots" de Vernon, les carriers de Saint Maximin avient la réputation d'être très à gauche!



  Photo provisoire L’inauguration eut lieu le 8 septembre 1895. On avait même fait marcher deux trains spéciaux sur la ligne Gisors - Vernon - Pacy sur Eure pour  amener les nombreux invités. Pas d’innovation dans la cérémonie : concours de musique des fanfares municipales, banquet,  bal et feu d’artifice, comme cela se fait  souvent à l’époque lors de l’inauguration des  monuments publics.

L’ensemble de la construction , tant extérieure qu’intérieure, ne manque pas d’une certaine grandeur, comme la voulait le maire à l’époque. Même inachevée ( les statues prévues dans les niches n’y ont jamais été installées) la façade est d’inspiration néo-classique, comme  pour tous les édifices publics du même moment,  avec campanile, colonnes, bossages, pilastres, niches etc... 

On raconte à Vernon que la maire, Barette, avait prévu de faire placer un buste du président de la république, Sadi Carnot dans une des niches de la façade. Celui-ci fut assassiné entre temps et  le buste ne fut jamais réalisé.  Monsieur Barette envisageait aussi de faire réaliser un buste de lui même et de le faire placer dans l'autre niche.  Le buste fut bien fondu mais on l'installa dans le petit jardin devant le bâtiment, où il resta jusqu'en  1942. Il aurait alors été confisqué par les Allemands qui avaient besoin de bronze  et ainsi, raconte-t-on, Monsieur Barette aurait fini  sous forme d'obus quelque part sur le front rusee ! Une belle histoire qui aurait pu être plausible quand on connaît l'égo du maire...
Mais tout cela est faux.  Barett meurt brutalement en 1898 et, c'est pour rappeler le souvenir de cet hommet rès estimé, que le conseil municipal décide de faire faire son buste. Ce qui est fait, un buste en bronze.  On envisageait d'orner la seconde  niche  avec un buste du duc d’Albuféra, maire sous le Second Empire et véritable «baron Hausmann» local. Mais ça ne se fit pas. Quant au buste de Barette, il fut  réquisitionné en 1942 par  la Direction des groupements d'importation et de récupération des métaux, et emmené à Pantin pour être fondu.

Le buste de Barette devant la mairie

 
Au rez de chaussée, le plan , inspiré de l’architecture classique, dispose les bureaux autour d’un espace ponctué de colonnes. Cette salle devient un porche à cinq travées qui sert d’accès  principal et donne  à l’Hôtel de ville un caractère monumental. On remarque aussi le plafond, très semblable à celui de certaines stations du métro parisien (station Richard Lenoir, par exemple) fait de briques de de métal, qui rappelle clairement les travaux de Gustave Eiffel.

Un escalier monumental donne accès au premier étage. Sur le palier un magnifique vitrail  réalisé par François Decorchemont  (1880 - 1971) il y une cinquantaine d’années.

L’artiste s’est d’abord fait un nom aux côtés de Daum et Lalique en travaillant  la pâte de cristal. Puis, riche de son expérience dans l’utilisation de ce matériau, toujours fasciné par sa transparence et sa luminosité, il se décide en 1930, à appliquer cette technique au vitrail dans  lequel  la lumière  joue sur les creux et les pleins du cristal, qui soulignent le dessin, comme à travers les facettes d’une pierre précieuse.


 
Photo provisoire
Cette technique lui permet d'obtenir des effets inédits, des couleurs mouchetées, marbrées, hachurées et striées au gré de son inspiration. Vous observerez, par exemple, dans le vitrail de Vernon, le tronc des arbres, le feuillage  ou les rayures bleues et blanches du vêtement du serviteur agenouillé ou encore le pourpoint lie de vin  du  roi ou encore son manteau bleu.

Le thème du vitrail:   Les armes de la ville comportent trois bouquets de cresson. Disons immédiatement que l'on ignore totalement l'origine de ces armes et la  raison pour laquelle le cresson y figure. Le vitrail illustre une légende, parmi d'autres, qui dit que Louis IX (Saint Louis) lors d'un des  nombreux séjours qu'il a fait à Vernon est venu un jour d'été. La chevauchée fut longue, il faisait particulièrement chaud ce jour-là  et quand on servit  au roi une salade de de cresson, il l'aurait trouvée tellement rafraîchissante qu'il aurait autorisé la ville à mettre le cresson dans ses armes.... 

Détails complémentaires  dans la page consacére aux vitraux de Vernon


La Salle des fêtes (aujourd’hui Salle des mariages) est impressionnante par sa taille, dont on ne devine pas l’ampleur quand on est  dehors. Elle a conservé son décor se style 1900 et particulièrement son plafond orné de grandes huiles marouflées sur bois, évoquant le cidre et le vin dans les cartouches  aux extrémités de la salle. Elles ont l’oeuvre de  Charles Denet, un artiste qui a  surtout travaillé à Evreux. Au centre, un grand panneau (7,28m sur 3,10m) du même peintre représente la Fête des Fleurs,  une tradition vernonnaise: du balcon de l’Hôtel de ville, face à la Collégiale, une jeune fille jette des fleurs aux spectateurs en dessous.  Dans le ciel se voit un ballon captif décoré d’une banderole.  Dans l’un des deux un cartouches, une femme vêtue d’un costume normand et portant une cruche sort d’un verger de pommiers. Evocation du cidre, une spécialité normande. Le thème de l’autre cartouche est plus inattendu : le vin, représenté une vendangeuse. Mais il faut se souvenir que, si la vigne a cessé de pousser dans la vallée de la Seine, celle-ci fut une importante zone viticole depuis l’an mil et on y vendangeait encore en 1900.  Il s’agissait donc pour l’artiste de mettre en valeur une des traditions de la ville. ( Pour plus de détails sur la viticulture à Vernon voir la page  Vignoble de Vernon)  Ces trois scènes sont traitées de façon sobre dans le bon goût et le bon ton un peu compassés de l’époque.  Près de la cheminée  la statue du maréchal Suchet d’Albuféra, maréchal d’Empire, et le tableau représentant  le duc de Belle Isle, petit fils de Nicolas Fouquet, évoquent l’existence du château de Bizy (voir  ici la page du château de Bizy), à la sortie de Vernon, bâti par Belle Isle, à partir de 1723, et aujourd’hui propriété des descendants d‘Albuféra.


Vendangeuse, dessin préparatoire de Charles Denet, 1908