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Giverny, espace de métissage
Quelques réflexions sur le jardin de Claude Monet



Ce texte a été publié dans le site Internet de la revue Historia (URL : http://www.historia.presse.fr/data/thematique/66/06606001.html ) sous le titre : "Giverny, espace de métissage". Il fait partie d'une série thématique de documents intitulée " Les jardins témoins de leur temps ".

 

Claude Monet s'installe à Giverny en 1883 et en fait un chef-d'oeuvre. Lourd héritage pour le jardinier en chef qui, depuis vingt-cinq ans, entretient avec passion ce " jardin-palette " dans l'esprit du peintre. Un site exceptionnel aux multiples influences.

Par Gilbert Vahé, jardinier en chef de la fondation Claude Monet à Giverny.



Historia thématique - Peut-on ranger le Clos normand dans la catégorie des jardins à l'anglaise ?

Gilbert Vahé - Je pense qu'il faut rester nuancé. L'influence initiale est davantage italienne qu'anglaise. Un jour qu'il est invité en Italie par l'ambassadeur de France, Monet visite une propriété qui comporte un jardin où tout semble pousser naturellement mais où pourtant tout a été planté. De retour à Giverny, chargé de ses impressions de Bordighera, il essaye avec sa propre conception de reproduire ce jardin. Effectivement, le jardin anglais mélange les couleurs et les vivaces en mixed border . A Giverny, il y a un mélange de vivaces comme les pivoines, d'annuelles comme les coquelicots, de bisannuelles comme les pensées ou les juliennes et de bulbeuses type tulipes ou anémones. Roses et iris sont mêlés, il n'y a pas de cloisonnement. Pour Monet, l'esthétique l'emporte sur la technique. Son jardin a gardé aussi des traditions françaises : le dessin comporte des lignes droites, tout est tiré au cordeau, pas dans les volumes mais dans les surfaces. Le Clos normand se trouve donc à la croisée des chemins des jardins à la française, à l'italienne et à l'anglaise.



Le Clos normand


H. T. - Quelles différences faites-vous entre le Clos normand et le Jardin d'eau ?

G. V. - Le Jardin d'eau est beaucoup plus pensé. Tout le cheminement y est calculé. Dans le Clos normand, quand on décide de peindre ou de photographier, il faut mobiliser son esprit pour concevoir un cadre à partir des différents éléments. Au Jardin d'eau, des paysages avec leurs points de fuite et leurs premiers plans ponctuent le cheminement. Le cadre s'offre naturellement au peintre ou au photographe.






H. T. - La couleur est une obsession pour Claude Monet. Comment a-t-il procédé pour qu'elle soit à ce point omniprésente dans son jardin ?

G. V. - Par un système d'élévations spécifique à Giverny. Il a arraché les pommiers à cidre et a planté des cerisiers et des pommiers à fleurs. Pour créer ses volumes, il a conçu des colonnes de rosiers ou de plantes grimpantes. On a retrouvé par exemple la belle-vichyssoise ou l'albertine. Les pylônes créaient donc de la fleur à un niveau supérieur. Le summum est atteint dans l'allée centrale. A l'automne, on est cerné de tous les côtés, pris dans un cocon de fleurs. On a le sentiment d'une obsession végétale.



L'allée centrale en automne

H. T. - Dans la palette de couleurs qui illuminent aujourd'hui Giverny, êtes-vous resté fidèle aux choix de Monet ?

G. V. - C'est certain. Quand j'ai en mémoire une couleur utilisée par le peintre, j'essaye de la retrouver. Lors d'une exposition Monet qui s'est tenue dans le Marais, j'ai découvert l'allée centrale comme je ne l'avais encore jamais vue. Sur l'un des tableaux, il y avait deux lignes de mauve, probablement des asters. J'ai mémorisé cette couleur et depuis j'essaye de retrouver des teintes s'en rapprochant. Je privilégie dans mon métier l'honnêteté, et à chaque fois que je trouve des teintes utilisées par Monet, je m'efforce de les réintroduire dans le jardin. Ma conscience me dicte une fidélité à l'artiste.

H. T. - On a coutume de dire que tous les jardiniers sont peintres mais que seuls quelques peintres sont jardiniers. Qu'en pensez-vous ?

G. V. - J'abonde dans ce sens. Ce sont surtout les peintres d'extérieur qui s'apparentent aux jardiniers. Ils subissent aussi l'agression du temps, la pluie, le froid. Nous avons donc des points communs.

  

H. T. - Quand Truffaut et Vilmorin, les deux pépiniéristes, sont-ils intervenus à Giverny ?

G. V. - Lorsque Monet a commencé à vivre confortablement pécuniairement. Comme il aimait le jardinage, il s'est investi dans des mouvements horticoles. C'est là qu'il rencontre des personnalités comme Truffaut et Vilmorin. Ils créaient, produisaient et vendaient et étaient les plus grands professionnels de l'époque.

H. T. - Monet se plaisait à échanger les diverses espèces de fleurs avec ses amis ?

G. V. - Il y avait effectivement des échanges de jardinier à jardinier et de peintre à peintre, comme avec Caillebotte par exemple. Il en était de même pour les employés. Le fils du chef jardinier de Mirbeau est devenu chef jardinier de Monet.

H. T. - Pour son jardin d'eau, Monet avait-il des contacts japonais ?

G. V. - Le Japon s'ouvre au monde occidental sous la pression des Américains en 1853. Les échanges commerciaux s'établissent ; les oeuvres d'art en font partie. Monet aurait découvert les estampes japonaises lors d'un séjour à Rotterdam en achetant du poisson. Il se lie d'amitié avec un certain Kuroki, collectionneur de tableaux, qui lui fit une commande importante. Cette commande lui apporte une aisance financière et la reconnaissance asiatique. Monet échange alors des estampes japonaises mais aussi des graines. C'est comme ça qu'il enrichit sa collection de pivoines, d'azalées et d'autres plantes hybrides.

Propos recueillis par Eric Pincas


Le jardin d'eau peint en 1895


'Vernon - Giverny' remercie Historia d'avoir autorisé la reproduction de ce document.

©Historia Thématique -01/07/2000 - N°066- RubriqueHistoria Thématique : Les jardins témoins de leur temps. Dossier :Gilbert Vahé

 



D'autres pages sur le jardin de Claude Monet et sur Giverny :
Bienvenue à Giverny
La genèse du jardin de Claude Monet à Giverny
Giverny: une colonie américaine : l'histoire des artistes venus à Giverny à la suite de Monet

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