Vernon Giverny website in English

Please click on the flag
La collégiale de Vernon
Un dossier complet consacré à ce monument remarquable
Cliquer sur la photo pour y accéder

Documents à télécharger
Cliquer sur l'icône pour y accéder
Les maisons à pans de bois
Un dossier complet consacré au riche patrimoine de notre ville
Cliquer sur la photo pour y accéder
 
Vernon Giverny Website auf deutsch
Bitte, auf die Fahne clicken
 

Passer la souris sur les photos et les icônes pour obtenir des informations complémentaires
Le vieux moulin de Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
La fondation Monet à Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
La tour des archives à Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Des visites, oui, mais il y a bien autre chose a faire à Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Balades et randonnées autour de Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Les musées de Vernon et Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Une balade dans les rues de Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Le bassin des nymphéas à Giverny
Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Le château des Toutelles à Vernon
Cliquer sur la photo pour l'agrandir

60 ans de recherche spatiale à Vernon 


Voici un titre certainement inattendu que d'aucuns pourraient juger trompeur. Quoi ? Une recherche spatiale à Vernon ? Un des centres français et européens de l'industrie spatiale, ce doit être une plaisanterie !

Eh bien non, et nous allons vous le montrer...


La Fusée Ariane
Photo : CNES

L'histoire commence dès la fin de la seconde guerre mondiale. En mai 1945, le gouvernement français décide de doter la France des technologies spatiales que les Allemands venaient de développer, en particulier celles des V-2.
En quelques mois, le gouvernement recrute un premier groupe de trente ingénieurs allemands qui travaillaient dans ce domaine. La question qui se pose alors est de savoir où les installer.

Or, il se trouve que Vernon dispose d'un vaste terrain militaire inoccupé à l'époque, situé sur le plateau au-dessus de la ville et à l'écart de celle-ci.
Ce "plateau de Vernon" avait été précédemment un centre de chargement et de stockage de munitions, puis avait été utilisé par les Allemands comme dépôt de matériel.
C'est dans cet ensemble de bâtiments sans affectation qu'il est décidé d'installer le Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques (LRBA) qui vient ainsi d'être créé en mai 1946.
L'impulsion technique nécessaire au démarrage des laboratoires est donnée par l'arrivée d'un second groupe d'ingénieurs et de techniciens allemands recrutés parmi les anciens de Peenemünde et Friedrichshafen.
Parmi ceux-ci figurent Heinz Bringer, qui inventera le moteur Viking des Ariane, Helmut Haberman, spécialiste des paliers magnétiques ou Otto Muller, spécialiste du guidage.
Notons que contrairement à ce qui se disait localement à l'époque, ces personnels n'étaient pas des prisonniers de guerre, contraints de travailler pour l'ancien ennemi, mais des salariés embauchés avec un contrat de travail.

 Premières recherches

Dès août 1946, le LRBA commença le développement d'une série de missiles à moyenne portée en partant des V-2 et A9 allemands. Ce devait être le 'Super V-2' d'une portée de 3.600 km avec une charge utile de 1.000 kg. Mais dès 1948, les problèmes liés à la première phase étaient si importants que le projet fut rapidement abandonné. Toutefois, Super V-2 avait préparé le terrain et rendu possible le passage à un nouveau projet.

 Véronique

La Direction des études et Fabrication d'Armement décida de construire une fusée-sonde pour étudier
       * le comportement en vol et les possibilités d'un moteur de fusée à ergols liquides.
       * la haute atmosphère au-delà de 65 km.

C'est le projet 4213 rebaptisé Véronique. Dans ce cas, " Véronique " n'est pas un prénom mais la contraction de VERnon-électrONIQUE. A ses débuts, cette dernière est alimentée en acide nitrique et essence de térébenthine par un générateur de gaz à poudre; son moteur développe 4 tonnes de poussée et il propulse la fusée à 70 km d'altitude avec une charge scientifique de 65 kg.

Véronique modèle 61
Photo :
http://fuseurop.univ-perp.fr/

Véronique modèle R
Photo :
http://www.capcomespace.net/

De nombreux lancements ont lieu - avec beaucoup d'échecs au début !- dans divers sites (Suippes, dans la Marne, Cardonnet, dans l'Hérault, Hammaguir dans le Sahara, puis Kourou à partir de 1968). et la dernière campagne de tirs s'est terminée en 1975. A titre d'exemple, un total de 22 Véroniques modèle 1961 ont été lancées d'Hammaguir et de Kourou entre 1964 et 1975, avec un taux de succès de 90 %. Un des premiers tirs, celui du 6 avril 1951, a même été effectué à Vernon même…

Vers 1955, tout en poursuivant les travaux sur Véronique, le LRBA étudie une " super Véronique " : ce sera Vesta, capable d'envoyer 500kg à 400km d'altitude.

Il ne faudrait pas croire que Vernon a été le seul centre de recherche française en matière de fusées. Toutefois, le site de Vernon a été souvent choisi pour tester les moteurs développés par d'autres constructeurs installés ailleurs en France. Ainsi en est-il pour la fusée Eole (EA 1946), dont l'un des essais, en Janvier 1950 tourne mal : les anciens vernonnais se souviennent encore de la violente explosion qui a fait trois morts, accompagnée d'une lueur si intense qu'elle fut visible à quarante kilomètres de là. A l'époque la rumeur courut même de l'explosion d'une bombe atomique là-haut sur le plateau !

Eole EA 1946
Photo : http://www.capcomespace.net/

  De Véronique à Ariane

C'est le général de Gaulle qui fait prendre le grand virage en décidant de développer la recherche de missiles capables d'armer la force de frappe nucléaire française.
Après la loi de programmation militaire en date de décembre 1960, le 18 décembre 1961 est prise la décision de construire la fusée Diamant, d'une masse de 18 tonnes, dont le premier tir a lieu le 26 novembre 1965, mettant en orbite le premier satellite français, A1. Le premier étage de la fusée est équipé de quatre moteurs Vexin B conçus à Vernon.

En même temps, les gouvernements européens décident de construire un lanceur européen. Comme la France connaît le succès avec la fusée Diamant, elle devient le chef de file.

Ces décisions entraînent des changements importants dans l'établissement de Vernon : les activités militaires et industrielles du LRBA sont séparées. Le Laboratoire se recentre sur des activités militaires, tandis qu'un établissement industriel privé est créé, la Société Européenne de Propulsion (SEP) chargé de développer les nouveaux propulseurs du lanceur Ariane.
Notons, en ce qui concerne l'organisation administrative de cette entreprise que la SEP a été absorbée par la SNECMA en 1997 et, en 2005, cette dernière a elle-même fusionné avec Sagem en prenant le nom de Safran.

 

Photos : SNECMA

Le Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques, pour sa part, a eu quatre domaines d'activité : systèmes de missiles stratégiques, systèmes de missiles tactiques, systèmes de navigation et systèmes de préparation de missions, tâches qu'il a continué à accomplir sur le " plateau de Vernon " jusqu'en décembre 2012, date de sa fermeture.

 Ariane

Le premier vol (LO1), vol de qualification, eut lieu le 24 décembre 1979 et fut un succès. et le premier vol commercial en septembre 1982.

En passant à une échelle bien supérieure à celles des engins précédents, le lanceur Ariane - ou plutôt ses versions successives - semble être de moins en moins un produit du site de Vernon. S'il est vrai que les divers éléments de cette fusée européenne sont fabriqués dans de nombreux sites et pays, il n'en reste pas moins que les moteurs principaux sont conçus, fabriqués et testés sur les 116 hectares du site de Vernon où travaillent environ 1.200 personnes.

Le 100ème lancement d'Ariane, le 29 octobre 2000

En 1973, la France est le seul pays, en dehors des USA, à avoir fait fonctionner un moteur cryogénique à hydrogène et oxygène liquide. Dans le cadre du programme Ariane, trois bancs d'essais sont construits à Vernon sur une zone qui va être réservée aux essais cryotechniques. L'ensemble coûte 87 millions de francs (environ 13 millions d'euros).
Le premier moteur Viking développé à partir de 1973 avait une poussée de plus de 40 tonnes et à partir de lui ont été conçues des versions successives de plus en plus puissantes ou adaptées au deuxième étage du lanceur. Pendant l'été 1999, la SEP fêtait son 1000ème moteur Viking.

Photo : SNECMA

Les Moteurs Viking

Photo : SNECMA

Mais il fallait voir plus loin encore et passer au moteur Vulcain de l'étage principal d'Ariane 5 et au HM7B pour l'étage supérieur. Ces moteurs, dits cryotechniques, utilisent de l'hydrogène et de l'oxygène liquides et, bien entendu, tous les mises ou point ont été réalisées sur les bancs d'essais de Vernon.

Vulcain 2, entré en production en mars 2005
Photo : 
Spaceflightnow.com

En 2009, ces moteurs ont cédé la place au Vinci qui vient d'être  développé. C'est un moteur qui a la possibilité de s'allumer et de s'éteindre quatre fois pour mettre plusieurs satellites sur des orbites différentes. Et peut-être servira-t-il un jour à se rallumer pour un alunissage en douceur ?

Les études sont engagées pour les moteurs de la future Ariane 6. On pense aussi  fabriquer une fusée plus petite qui n'enverrait q'un seul satellite de 3 à 6,5 tonnes. Pour ce faire, on pourrait utiliser le moteur Vinci.  Des  crédits ont été donnés en 2012 pour  une étude détaillée et la décision finale sera prise en 2014.

Avez-vous remarqué le nom  de tous les moteurs? Viking,  Vulcain, Vinci... Comme tous les moteurs depuis le temps lointain de la fusée Véronique, leur nom commence par un V, comme Vernon, petit clin d'œil à la ville où ils sont  construits.

Visites : pour des raisons de sécurité, le site SAFRAN de Vernon n'est pas ouvert aux visiteurs sauf en de très exceptionnelles occasions.