La vigne à Vernon... Non, ce n'est pas une plaisanterie!

Vineyards in Vernon ... No, it isn't a joke!

 

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La vigne, au Moyen Age, s'était répandue à travers toutes les régions, partout où le climat lui laissait la moindre chance de pousser, comme dans la vallée de Seine qui produisait pourtant des vins très médiocres. On les exportait même: ainsi, les Anglais remontant la Seine, achetaient à Rouen les vins de Normandie...! Localement, on sait qu'on cultivait la vigne à Giverny, près de Vernon, dès l'époque mérovingienne: l'abbaye de Saint Wandrille y possédait des vignes données par Chilpéric vers 715 - 720.

(Il faut savoir que la vigne a besoin d'un nombre minimum d'heures d'ensoleillement pour donner des fruits, et la Normandie est juste à la limite nord-ouest de cette zone, ce qui explique la présence de vignes mais aussi la très médiocre qualité de la production.

Pour les consommateurs locaux, les vins produits en Normandie, si médiocres fussent-ils, avaient l'avantage d'être beaucoup moins cher que ceux provenant de provinces plus éloignées, à cause du coût élevé du transport, même par voie d'eau. Voilà qui explique l'extension du vignoble de la vallée de la Seine. Notons que les vins de la région parisienne, Montmartre, Suresnes, Saint-Denis par exemple, avaient, paraît-il, une réputation certaine (justifiée ou pas?) contrairement à ceux produits plus à l'ouest, comme à Vernon. Ne parlons pas de ceux encore plus à l'ouest... Ne disait-on pas en parlant du vin de Conihout produit à Jumièges, c. a d. à moins de 80 km à l'ouest de Vernon:
"De Conihout, ne buvez pas,
Car il mène l'homme au trépas!"

La période 1585 - 1600, avec ses conditions climatiques mauvaises, hivers rudes et surtout gelées de printemps, a vu une baisse spectaculaire des rendements des vignobles dans les régions septentrionales comme la nôtre. Alors, le vin devenu trop cher - surtout en production locale - fut remplacé par le cidre désormais tenu pour une boisson indigène et donc meilleur marché. De plus Louis XIII vers 1630 porta un coup fatal au vignoble normand lorsqu'il taxa lourdement le vin, si bien que dans toutes les régions où cette culture était tout juste possible à cause du climat - donc en Normandie - on commença à arracher les vignes.

Toutefois, en 1816, il y avait encore 1.800 hectares de vignes autour de Vernon et 260 hectares en 1852 (surfaces cependant très faible par rapport aux siècles précédents) qui produisaient un vin appelé 'cailloutin', ce qui donne une idée de sa piètre qualité. A cet égard, on peut citer le poète Regnart de la fin du XVIIème siècle dans Voyage en Normandie. Il écrit :
"De Vernon, je veux me taire
Pour le mauvais vin qu'on but."

Il est évident que l'arrivée du chemin de fer, permettant de faire venir des vins de meilleure qualité à des prix très acceptables, puis les ravages du phylloxéra ont définitivement ruiné cette culture.





Vineyards, in the Middle Ages, had spread to all the districts where the weather allowed the plant to grow and the grapes to ripen, such as here in the Seine valley which produced very poor quality wines, which were all the same exported: for instance English traders would regularly sail the river Seine up to Rouen to buy wines from Normandy...! Locally, we know that vine had been grown in Giverny, near Vernon, since Merovingian kings (VI - VIIIth centuries): Saint Wandrille abbey owned vineyards there that had been granted by king Chilpéric towards 715 - 720.

One must know that vine requires a definite amount of sunshine to be able to bear fruit. Normandy is the very North-western limit of such an area, which explains the importance of vineyards but also the very mediocre quality of the production.

For local consumers, wines from Normandy, however mediocre they may have been, happened to be far cheaper than wines from more distant regions, due the the high cost of haulage or even water-borne transport. This of course explains the development of vineyards in the Seine valley. It is said however that some wines grown around Paris were of some repute (justified or not?) unlike those grown more westerly, such as in Vernon. And do not mention the wines that grew farther west... People used to say about Cornihout wine, produced at Jumièges, i.e. hardly 80 km west from Vernon :
"De Conihout, ne buvez pas,
Car il mène l'homme au trépas!"

(Do not drink Cornihout wine because it leads men to death.)

The years 1585 - 1600, because of very poor weather, i.e. cold winters and mainly hard frost in spring, saw the production of vineyards spectacularly decrease in northernmost districts, such as Normandy. Then, wine - expecially when locally produced- became too expensive a drink and was replaced by cider, from then on considered as a home-grown and so cheaper drink. Moreover, King Louis XIII (towards 1630) gave Norman vineyards a fatal blow when he imposed heavy taxes on wine, thus causing vineyards to be pulled out everywhere the weather made this culture too difficult, especially in Normandy.

However, vine was still grown on 1,600 hectares (about 3,200 acres) around Vernon in the year 1816 and 260 hectares (about 520 acres) in 1852 (a very small area however compared to earlier periods). The wine that was produced was called 'cailloutin' (a rough equivalent might be 'stony' or 'flintstone'), which gives an idea of its poor quality. Indeed, Regnart, a late XVIIth century poet wrote in his Voyage en Normandie:
"De Vernon, je veux me taire
Pour le mauvais vin qu'on but."

(About Vernon, I will not say a word because of the terrible wine that we drank.)

It is obvious that the coming of railways, which dramatically reduced the cost of transportation, as well as the destructions due to philloxera, meant the definitive end of vineyards in Normandy.





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