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SAINT ADJUTOR

Saint patron de Vernon et patron des mariniers, nageurs et yatchmen
(Fête le 30 Avril)


 

Parler de saint Adjutor nécessite de passer constamment de l'histoire à la légende et vice versa.

Adjutor était le fils de Jean, comte de Vernon et de Rosamonde de Blaru, village a quelques kilomètres de là. La famille comptait trois frères. L'un d'eux, Mathieu, hérita du titre et des domaines à la mort de son père et devint  seigneur de Vernon.  Certains historiens locaux ont dit que le second fils, Richard,  avait suivi  Guilluame, le duc de Normandie  à la conquête de l'Angleterre, mais c'était là une erreur que les historiens modernes ont reconnu.. En fait, nous ne savons rien du decond fils., Richard.

Quelques informations sur la branche anglaise.

Le troisième fils, Adjutor, est né à Vernon vers 1070. il a grandi sous la direction spirituelle de  Bernard (devenu saint Bernard plus tard), premier Abbé de l'Abbaye de Thyron au Perche a et amontré toute sa vie   une grande vénération pour l'abbé. Adjutor aurait quitté Bernard vers 1085 et serait revenu vivre près de sa famille. Il construit alors à Pressagny-l’Orgueilleux à l'emplacement de l'actuel château de la Madeleine, un oratoire qu’il appellait sa maison du Mont : il partageait ses jours entre la chasse et la prière. Mais la première croisade ayant été prêchée en 1095, Adjutor équipa une compagnie d’environ deux cents hommes et partit pour la Terre sainte. Parmi ses compagnons on connaît Héliodore de Blaru, Jean de Bréval, Eudes de Portmort et d'autres encore.


Ceci est tout ce qu'on sait sur le personnage historique. Place à la légende!

Un jour, près d'Antioche, Ajutor et ses hommes tombèrent dans une embuscade tendue par 1.500 ennemis. Il pria Sainte Madeleine, lui promettant de lui construire une chapelle et de donner ses biens à l' Abbaye de Thyron au Perche. A peine avait-il fini sa prière qu'un orage terrible survint, effrayant tant les Sarrasins qu'Adjutor put les battre.

Il continua à lutter pendant dix-sept ans, mais Dieu, voulant le mettre à l'épreuve, le fit tomber aux mains de ses ennemis. Dans l'épreuve il resta ferme et sa foi semble ne pas avoir vacillé car ses geôliers, irrités par son courage, le chargèrent de lourdes chaînes et le jetèrent dans un sombre cachot.

 
Un soir, Sainte Madeleine et Bernard, l'Abbé de Thyron au Perche, apparurent mystérieusement dans son cachot et, nous dit la légende, "toujours enchaîné, le transportèrent par un vol rapide en une nuit de la Terre Sainte à Vernon".

De ce jour, devenu moine, il vécut dans la chapelle qu'il avait fait construire, comme il en avait fait le voeu, soignant les malheureux et faisant de nombreux miracles.


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Parmi ces miracles, le plus connu concerne la Seine et ici nous devons quitter la légende pour retourner dans l'histoire.

Comme sur tous les fleuves et rivières non aménagés, la navigation sur Seine était dangereuse à cause de hauts fonds, de remous et de tourbillons. Un de ces endroits se trouvait près de Vernon, où des rochers dans le lit du fleuve créaient des remous. Le seigneur, Mathieu de Vernon, fit casser et enlever ces rochers (du moins ceux qui pouvaient être enlevés avec les moyens techniques de l'époque), rendant ainsi la navigation un peu plus sûre.

Quittons encore l'histoire et revenons dans la légende d'Adjutor.

Ayant entendu parler de plusieurs bateliers qui s'étaient noyés dans les tourbillons causés par un énorme gouffre près de son monastère, Adjutor, accompagné de l'Archevêque de Rouen, Hughes, prit place dans une barque et gagna l'endroit en question. La légende précise que l'Archevêque n'était pas rassuré du tout! Après avoir prié et que l'Archevêque ait béni l'endroit, Adjutor lança ses anciennes chaînes dans le gouffre qu'elles comblèrent complètement et, miraculeusement, et l'eau retrouva son calme.

Il n'est donc pas étonnant que, en plus d'être le saint patron de Vernon, Adjutor soit aussi le saint patron des mariniers, des nageurs et des yachtmen et de ceux qui viennent à leur secours!

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Le tableau, par Devos, peintre local de la fin du 19ème siècle, n'est pas un chef d'oeuvre, mais au moins permet-il d'évoquer la scène du miracle avec l'Archevêque en prière et Adjutor qui jette ses chaînes dans l'eau.

Le vitrail moderne évoque le miracle, avec le bleu de l'eau en bas, le jaune de la barque au dessus  avec trois masses rouges (dans lesquelles on peut imaginer reconnaître  le batelier, l'Evêque et Adjutor), et tout en haut (dans la partie jaune) plusieurs maillons de chaîne.



3

 

Anatole Fance dans Pierre Noziére raconte que ce miracle a été mis en vers au XVIIème siècle, "dans un lamentable style de complainte", précise-t-il..

Un gouffre en la Seine voisine
Par ses flots tortueux ruine
Et les hommes et les bateaux,
Les coulant jusqu'au fond des eaux.
Mais Adjutor longtemps ne souffre
L'incommodité de ce gouffre.
Se sentant touché de douleur,
Hugues, son prélat, il appelle;
Ils y vont en même nacelle
Pour mettre fin à ce malheur.

[...]

Le grand saint Adjutor jette alors ses chaînes "en les ondes inhumaines" qui deviennent aussitôt calmes et paisibles.

Oyez, lecteur, une merveille
Qui rarement a sa pareille;
Le péril dès lors a cessé,
Le bruit des flots s'est apaisé.
Il n'est point de fleuve où l'on voie
La course de l'onde plus coie.
Le nocher peut mener sa nef
Assurément par cette place
Dans une tranquille bonace
Sans redouter aucun méchef.

 

 


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